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Viva Zapata ! (partie 2)

Voici la suite du billet Viva Zapata !

Des hommes armés derrière un barrage de sacs de sable

Finalement j’ai réussi à m’endormir. Le bus roule maintenant en plaine pas très loin de notre destination. Je profite de cette dernière heure de sommeil.
Tout à coup, le bus rebondit sur un tope – ces casse-vitesse qui sont surtout des casse-vertèbres – et freine sèchement pour s’arrêter en plein milieu de la route dans un nuage de poussière. J’ouvre un oeil endormi et j’essaie de distinguer les formes qu’on aperçoit dans la lueur anémique des phares. Des hommes armés derrière un barrage de sacs de sable ! Restons calme, j’ai déjà été plus mal à l’aise en Ouganda et au Liban. Je me souviens subitement de ce que m’a dit Mischelle avant de partir : “Le Chiapas a bien changé depuis ton départ, Stanley. Les zapatistes sont partout et ils rançonnent les touristes dans les cars”.

bus mexicain

Les bus mexicains ont roulé leur bosse et celles de leurs clients.

Oui, ça je le sais. C’est aussi pour ça que je ne prends pas de cars de touristes. Les portes s’ouvrent, trois hommes armés de fusil d’assaut montent. Il ne sont pas cagoulés comme les zapatistes. Je m’aperçois assez vite que leurs fusils sont des FN FNC fabriqués par la FN Herstal, près de Liège. J’en ai utilisé pendant mon service militaire. J’espère que je ne vais pas me faire braquer par une arme belge au Mexique, ce serait un comble ! C’est sans doute l’armée régulière.

Les hommes m’ont vu. Je tends l’oreille mais leur espagnol est déformé par un dialecte indien que je ne maîtrise pas. Je comprends quand même qu’ils sont étonnés de voir un blanc dans un bus económico. Ils s’avancent lentement l’oeil suspicieux. J’ai compris qu’ils cherchaient des passeurs illégaux du Guatemala.
Je lance un “Hola Sargento, qué tal? » sur un ton très assuré et avec mon plus bel accent français. Ils ne doivent surtout pas penser que je suis Américain. Un gringo dans un bus pareil, c’est forcement un trafiquant ou un criminel. Je lui tend mon passeport. “Bélgica!?” dit-il d’un air amusé “Diablos Rojos de México!”.
Je souris avec lui. Il se souvient de l’équipe de football belge en demi- finale de la coupe du monde au Mexique en 1986. C’est fou ! La Belgique a été la 2e puissance mondiale à la fin du XIXe siècle, elle a découvert et exploré une bonne partie de l’Afrique, elle a donné naissance à Magritte, Simenon et Brel mais pour lui, c’est ça l’évènement marquant de ces 180 dernières années en Belgique.

J’échange quelques mots avec lui sur mon voyage, il sent que je suis terriblement amoureux de son pays, l’atmosphère se détend, je range mon passeport, ils descendent du bus et je me dit que ce soldat qui n’a sans doute pas été à l’école a entendu parlé de la Belgique grâce au sport.

Alors vive le sport et viva Zapata !


One Response to Viva Zapata ! (partie 2)

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